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- article (57)
- 31.1.2012: «DOUCE FRANCE, Oui berceau de mon enfance »
- 24.1.2012: Lettre ouverte à un franc-maçon
- 8.1.2012: Les Français parlent aux Français
- 11.12.2011: LE CARACTERE EXORBITANT DES EXIGENCES FINANCIERES
- 24.11.2011: LAFAYETTE, NOUS VOILA
- 12.11.2011: SALMIGONDIS PENAL
- 16.10.2011: MELASSE LEGISLATIVE
- 21.9.2011: SI J’ETAIS PRESIDENT
- 13.7.2011: Les Comptes des mille et une nui……sances
- 5.7.2011: « Alouette gentille alouette Alouette je te plumerai »
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LEVEE D’ECROU POUR LA LIBERTE RELIGIEUSE ?
19.6.2011 par admin.
Habituellement, logiquement et raisonnablement, lorsqu’une bataille doit être livrée on place à la tête des armées les meilleurs généraux, ceux qui ont remporté le plus de victoires. Il ne viendrait à l’idée de personne de nommer un militaire qui n’aurait connu que des défaites, ce que les anglo-saxons appellent un « looser » (pardon pour cette infidélité à la loi Toubon de 1994 sur la protection de la langue française).
En France, « habituellement » on semble avoir adopté la pratique inverse. A croire que l’intelligence et la raison font défaut, que la logique est aux abonnés absents. Je m’explique.
« Continuez à frappez et on vous ouvrira »(La Bible Matthieu 7 :7)
L’Eglise des Témoins de Jéhovah de France, depuis des années, tente d’obtenir auprès des autorités publiques la possibilité d’avoir des aumôniers dans les prisons. Cette demande, n’a rien d’anormal ou d’indécent compte tenu du statut d’association cultuelle reconnu à cette Eglise par les plus hautes autorités judiciaires (Conseil d’Etat), administratives (bureau des cultes du ministère de l’intérieur) et internationales (Cour européenne des droits de l’homme). Mais, une nouvelle fois, la France, du fait de forces occultes intervenant en dehors de tout processus démocratique, s’illustre par son particularisme et bascule dans l’intolérance et le discriminatoire. La France, ce modèle qui « aux peuples étrangers donnait le vertige » (chanson « Ma France » de Jean Ferrat), va-t-elle enfin faire droit à cette légitime demande des Témoins de Jéhovah ? Aujourd’hui, si la France « donne le vertige aux peuples étrangers », c’est dans un tout autre sens et ce n’est pas un compliment… Elle n’est plus le modèle à suivre, il s’en faut !
Restons néanmoins positifs. Il est possible d’espérer un heureux dénouement après les trois arrêts rendus par la cour administrative de Paris en date du 30 mai 2011. Ces décisions sont très claires et sont exécutoires nonobstant tout recours en cassation devant le Conseil d’Etat :
- La cour confirme l’annulation par les tribunaux administratifs des refus de l’administration pénitentiaire d’accorder le statut d’aumônier aux représentants de l’Eglise des Témoins de Jéhovah,
- Le ministère de la justice, qui jusqu’à ce jour a refusé de faire droit à cette requête, a l’obligation dans un délai de deux mois de réexaminer les demandes d’agrément qui ont été déposées. Passé ce délai, la chancellerie sera condamnée à verser une astreinte de 100€ par jour de retard.
Le ministère de la justice serait-il procédurierAu point d’encombrer ses propres juridictions
Précisons que l’Etat Français « se réserve le droit de se pourvoir en cassation devant le Conseil d’Etat » (dixit le porte-parole du garde des sceaux). Un tel recours, pour être recevable, se doit d’intervenir dans les deux mois qui suivent la notification aux parties de ces arrêts.
La position du « ministère de la justice » est indéfendable (car contraire au droit), et absconse (car ignorante de la logique élémentaire). Je savais le ministère de la justice aveugle, je ne pensais pas qu’il était sourd et aussi ignorant… du droit. Pardonnez du peu. Jugez plutôt :
- Le Conseil d’Etat par plusieurs arrêts a reconnu le caractère d’association cultuelle aux associations locales des Témoins de Jéhovah,
- Tirant les conséquences de cette jurisprudence, le ministère de l’intérieur s’est exprimé dans les arrêtés préfectoraux qui ont délivré ce statut aux associations nationales représentatives de cette église,
- La Cour européenne des droits de l’homme depuis des décennies censure systématiquement les Etats (Grèce, Autriche, Russie, France…) qui commettent des discriminations à l’encontre des Témoins de Jéhovah. Pour cette haute juridiction il s’agit d’un véritable culte qui ne suscite ni appréhension, ni suspicion.
- La HALDE, fin février 2010, a considéré que la position intransigeante du ministère de la justice à l’égard des Témoins de Jéhovah était « de nature à limiter l’exercice de la liberté de religion des détenus ».
- A ce propos, le Défenseur des droits a absorbé la HALDE. Sur la base de l’article 44 la loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011, « toutes les procédures ouvertes (par cette dernière) se poursuivent devant le Défenseur des droits » Cette réforme se met en place progressivement depuis le mois de mai dernier. Des problèmes subsistent néanmoins : le président n’est toujours pas nommé, les fonctionnaires attendent qu’il soit statué sur leur situation administrative, les instructions manquent… (liste non exhaustive).
- La Miviludes jouit de beaucoup plus de facilités, de crédits et de considération pour poursuivre son œuvre déstabilisatrice voire destructrice. Il est vrai, rappelons-le, que nous sommes « Au Pays des droits de l’Homme ». Ah bon ! Je suis rassuré.
- Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a déploré la politique de ce ministère qui va à l’encontre de nombreuses décisions de justice.
Sommes-nous, oui ou non, dans un Etat de droit ? La question mérite d’être posée. Le ministre de la justice ignore, méprise, bafoue les décisions rendues par ses propres magistrats, « Au nom du Peuple Français » rappelons-le. Au niveau juridique le dossier du ministre est vide. Sur le plan de la compétence, de l’intégrité et du respect de l’autorité de la chose jugée, c’est inquiétant.
D’autres arguments peuvent-ils être opposés aux demandes d’aumôniers, bénévoles précisons-le, présentées par les Témoins de Jéhovah ? Par respect du contradictoire et aux fins d’être exhaustif, évoquons les :
-Une Miviludes « apocalyptique »
Les Témoins de Jéhovah chercheraient à obtenir une reconnaissance cultuelle selon la Miviludes. Mais, Mesdames et Messieurs de cette charmante « institution » (sic pour ne pas dire « hic »), cette reconnaissance cultuelle (et officielle) française a fêté ses 11 ans en juin. Il faudrait peut être se tenir au courant de la vie sociale et… de l’histoire de France.
Les voies de la Miviludes sont « impénétrables » ! Elle nous joue « La Belle au bois dormant », à moins qu’elle nous fasse un « remake » (pardon Toubon) d’ « Un jour sans fin » (film dans lequel le héro est figé dans le temps et revit en permanence la même journée). Quel que soit le film, il va falloir qu’elle se réveille.
A propos, c’est quoi la Miviludes ? Le général de Gaulle l’aurait certainement appelé « le machin », terme de mépris qu’il réservait à l’ONU pour dénoncer son inutilité. Quel est son fondement démocratique ? A quoi peut servir cet épouvantail au pays des droits de l’homme ? La réponse s’impose : à faire peur aux libertés.
Son dernier rapport, « déposé » (le terme me plaît, il évoque… pardon, je m’égare, voilà que je verse dans la scatologie…) ne risque pas de figurer parmi les grandes œuvres humaines qui ont fait progresser l’humanité. La Miviludes se fait tour à tour :
- archéologue en ressortant le dossier des Enfants de Dieu, une affaire datant de… 30 ans ! (Tiens, « on » retrouve la mémoire pour les besoins de « la cause »)
- Fossoyeuse en exhumant le dossier pour le moins énigmatique du « suicide collectif » des membres du Temple Solaire de…1995, (preuves qu’elle n’a rien à « se mettre sous la dent »…),
- doctoresse en se prononçant sur l’efficacité des traitements médicaux,
- sociologue,
- historienne des religions,
- puéricultrice,
diététicienne… (une nouvelle fois, liste non limitative des compétences gérées par cette organisation)
A une certaine époque, un chef d’Etat africain cumulait tous ces titres, il s’appelait Amin Dada. Il est vrai que c’était un dictateur à qui il manquait quelques « cases ».
Le fonds de commerce de la Miviludes devient un véritable supermarché. « Super Miviludes », une marque déposée, une société commerciale à succursales multiples (Unadfi, CCMM, commission parlementaire…). On y trouve toute la panoplie de l’oppression et de l’intolérance : chiffres mensongers, déformation des faits, manipulation, propos alarmistes sur une apocalypse en 2012… A propos de cette dernière, pour l’instant, le seul élément apocalyptique, il faut le reconnaître, c’est la Miviludes.
« greffier : faites entrer les Témoins »
Je rappelle, modestement et avec beaucoup de respect, au ministre de la justice que la matière des aumôniers de prison est traitée aux articles D 432 à D 439 du code de procédure pénale.
Article D 432 : « Chaque détenu doit satisfaire aux exigences de sa vie religieuse, morale ou spirituelle ».
Le ministère, faute d’argument juridique, invoque le fait que le nombre de personnes concernées (comprenez le nombre de Témoins de Jéhovah détenus) est trop faible pour justifier la nomination d’aumôniers de cette confession. L’affaire devient ubuesque. En reprenant l’image donnée en introduction, l’Eglise des Témoins de Jéhovah serait handicapée, discréditée, écartée en raison du succès résultant de la faible délinquance enregistrée parmi ses rangs. Inversement, en suivant ce raisonnement pour le moins surprenant, une religion qui peut revendiquer de nombreux criminels (moyen permettant de quantifier ses défaites et échecs au niveau de l’instruction religieuse et morale) se voit « ouvrir toutes grandes les portes de la prison » (c’est une nouvelle image).
L’argument n’est pas juridique. Il est encore moins pertinent. Il est, n’ayons pas peur des mots, ridicule. Ah si le ridicule tuait, il faudrait rétablir la guillotine…
Pourtant, dans de très nombreuses démocraties libérales, les Témoins de Jéhovah ont enregistré beaucoup de succès auprès des détenus. Certains sont devenus croyants, d’autres ont pu exercer leur liberté religieuse en changeant de religion. Compte tenu des résultats déplorables obtenus par la politique pénitentiaire française (en matière de réinsertion dans la société notamment), la décision politique qui conduit à se priver des services (bénévoles) des aumôniers Témoins de Jéhovah est particulièrement regrettable et incompréhensible. Ce faisant, quelques individus, de façon discrétionnaire, s’opposent depuis des années à l’intérêt général et aux besoins de la société.
La Miviludes a été mise en place par les politiciens. Le ministère de la justice dépend des politiciens. Les commissions parlementaires sur les « sectes » sont créées par « quelques » parlementaires qui sont… des politiciens.
« Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément »
« La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration »
(Articles 3 et 15 de la DDHC de 1789)
Je doute que les positions prises par ces structures répondent à une aspiration de la nation, à une demande massive du peuple français dont les soucis sont d’un autre ordre.
Elles ne correspondent pas plus aux jugements et arrêts clairs, constants, précis rendus par la juridiction administrative.
Mais alors quel esprit malin opère derrière ces institutions ? Partisans d’un « ordre nouveau » ? Défenseurs d’une laïcité de combat ? Sectophobes congénitaux ? … En tout état de cause, ce n’est pas un esprit juridique vu son mépris des décisions de justice, ce n’est pas « un esprit sain dans un corps sain ». Mais, l’anonymat ne permet-il pas de cacher sa honte, la médiocrité de ses mobiles et son manque de noblesse.
Terminons sur une note plus positive et optimiste
Les garde-fous institutionnels
Il existe fort heureusement des garde-fous (jamais un terme n’a été aussi bien adapté à la présente situation) d’ordre institutionnel :
- La presse (parlée, écrite, télévisée)
Cette dernière n’a guère brillé ces dernières années par son intégrité, son souci de vérité, son indépendance et son respect de la déontologie. Toutefois, après avoir suivi, avec beaucoup d’intérêt, l’interview de Georges Fenech par le journaliste Robert Ménard à propos du dernier rapport annuel de la Miviludes, je me reprends à espérer.
Les questions pertinentes et précises de Robert Ménard n’ont pas reçu de réponses sensées, convaincantes. Il est vrai que Georges Fenech n’a pas l’habitude d’être gentiment remis en cause. Jusqu’ici, il s’exprimait dans le cadre douillet de plateaux où ses interlocuteurs, sur un ton condescendant voire complice, reniaient la raison d’être et la grandeur de leur profession. Il semble que cette époque soit révolue.
- Les tribunaux et cours
Vous noterez que je ne fais aucune confusion avec le ministère de la… justice. Des centaines de décisions juridictionnelles ont rappelé, au cours des dernières décennies, que les droits de l’homme et les libertés fondamentales font toujours partie du droit positif français. N’en déplaise à certains.
- La Cour européenne des droits de l’homme
Juridiction internationale qui a maintes reprises a repris la France en cas de disfonctionnement dans l’administration de la justice
- L’Union européenne, Conseil de l’Europe et, d’une façon générale l’opinion internationale
La France n’est plus une île déserte perdue dans un océan. Nous faisons partie d’une communauté internationale et cette dernière ne manque pas de s’interroger quant à l’aberration de certaines structures qui génèrent des discriminations. Le poids de cette opinion mondiale ne doit pas être négligée. L’information ne relève plus du monopole des médias ou des gouvernements, elle circule très vite grâce à internet
- L’opinion française
Cette dernière, après avoir plus ou moins mordu à l’hameçon « sectes » agité par quelques trublions commence à se ressaisir.
Il est vrai que l’action de plusieurs structures associatives et de personnalités n’est pas étrangère à cette évolution des esprits : CAP Liberté de Conscience, CICNS, Ethique et Liberté , Professeur Pierre Barrucand (président d’honneur de CAP LC), Jean Bauberot, Régis Dericquebourg, Anne Morelli, Liogier, Danièle Gounord, le pasteur Dominique Kounkou… (je demande pardon à tous ceux dont le nom mérite de figurer dans cette énumération qui n’a pas la prétention d’être exhaustive)
Le Défenseur des droits.
Ce dernier officie malgré les difficultés évoquées ci-dessus. Dans le dossier qui l’oppose depuis 2006 au conseil général de l’Eure (voir précédents articles), mon épouse a reçu le 15 juin dernier un courrier l’informant que : « Le Défenseur des droits a effectué une instruction approfondie de votre réclamation, à l’issue de laquelle il a décidé de rappeler au Président du Conseil général qu’en l’absence de griefs touchant aux incidences de vos convictions sur les conditions d’accueil des enfants, la décision litigieuse revêt le caractère d’une discrimination prohibée notamment par les articles 9 et 14 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales »
Voilà une vilaine affaire qui se termine fort joliment. La rivalité qui opposait les époux Paturel touche enfin à son terme, mon épouse me reprochait de négliger son dossier contentieux alors que j’avais su, dans mon procès, obtenir un excellent arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme le 22 décembre 2005. La paix conjugale est revenue. Egalité, un partout, balle au centre.
Terminons cet article sur la liberté religieuse et les prisons en citant Victor Hugo.
Monseigneur Myriel s’adresse à Jean Valjean après lui avoir offert les chandeliers : « Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien. C’est votre âme que je vous achète ; je la retire aux pensées noires et à l’esprit de perdition et je la donne à Dieu »
« Les Misérables » Livre 2 chapitre 2
En ce début de XXI siècle, il ya d’autres Jean Valjean et… beaucoup de travail à faire, Monsieur le ministre de la justice.
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« DANS LES COULOIRS DU TEMPS… »
3.6.2011 par admin.
Note préliminaire
Cette expression est empruntée au film « Les Visiteurs », dans lequel un brave postier, apercevant Godefroy de Montmirail et Jacquouille la fripouille, s’exclame « les malades ils sont revenus ». Le titre de ce film ainsi que cette réplique pouvaient tout aussi bien être retenus pour intituler ce modeste article. J’avoue avoir longuement hésité.
L’affaire DSK, au-delà de la question portant sur la culpabilité ou l’innocence du quidam (laissons la justice américaine opérer sur ce dossier peu édifiant), aura au moins le mérite de révéler au grand public ce que tout bon observateur de notre vie nationale connaissait depuis longtemps, à savoir :
- La moralité chancelante d’une partie (proportion restant à déterminer) de la classe politique
Et
- L’état de quasi servilité des médias
« Bonjour Tristesse » (autre titre de film). Reprenons
La classe politique et la morale
De toute évidence, ce couple a divorcé depuis longtemps à en juger les affaires qui s’étalent sur la place publique. Quand je pense que la France a failli avoir comme président de la République, un « Monsieur pulsions », qualification a minima quel que soit le verdict américain. Compte tenu des titres de gloire de DSK (redressement fiscal des Témoins de Jéhovah) la bande organisée (Miviludes-unadfi-commission parlementaire sur les sectes) envisageait avec beaucoup d’optimisme et d’impatience le sacre sur le trône de France de cet homme qui, il y a encore peu de temps, régnait sur le hitparade des intentions de vote pour la prochaine présidentielle.
(Sur le redressement fiscal des Témoins de Jéhovah actuellement pendant devant la Cour européenne des droits de l’homme, voir les précieux détails apportés par Hocine sous l’article « Je (ne) plie et ne romps pas » qui figure sur ce site)
De deux choses l’une :
- Ou « les Français sont des veaux » comme le disait (de façon rétrospective et/ou visionnaire) le général de Gaulle,
- ou ces derniers ignoraient tout de la face cachée du personnage (« Docteur Jekyll et mister Hyde » ?), ignorance légitime et aisément compréhensible puisque « la classe politique savait mais ne disait rien » (formule littéraire relevée dans la quasi-totalité de nos journaux) et avait établi une véritable « omerta » (terme tout aussi usité dans les médias). Coupable complicité ? Crainte de poursuites pénales ?…
A peine remis de ce choc, nous apprenons de la bouche de Luc Ferry :
- qu’un ancien ministre aurait commis au Maroc des actes de pédophilie à l’encontre de jeunes garçons marocains,
- que l’équipe gouvernementale de l’époque était au courant mais,
- que par crainte de poursuites pénales l’informateur préférait s’abstenir de donner le nom dudit ministre,
- que cette affaire aurait été purement et simplement « classée ».
« Classée » ! A cette terminologie judiciaire qui évoque l’idée d’une justice indépendante et intègre, je préfère celle « d’étouffée », plus appropriée à ce type de magouille. Il existe en effet des textes pénaux très clairs et précis qui imposent une obligation de révélation s’agissant de crimes commis sur des mineurs : articles L 226-14, L 434-1, L 434-3 du code pénal.
Mais où est passé notre Etat de droit ? Avant de rançonner les automobilistes pour de très légers dépassements de vitesse, de multiplier les redressements fiscaux sur le petit peuple (le dernier porté à ma connaissance concerne une jeune femme vivant seule, smicarde et ayant une enfant en bas âge à charge. Le contrôle fiscal a permis de recouvrer une somme inférieure à 200€…) il serait temps de s’intéresser aux « Gros dossiers » qui ne manquent certainement pas dans une république à coloration bananière.
Enfin, la « cerise sur le gâteau », nous apprenons qu’un membre du gouvernement, qui ignore certainement ce que sont les fins de mois difficiles, le chômage… a fait pression sur un employeur pour faire licencier une jeune vendeuse qui s’était permis, crime de lèse majesté, de risquer une plaisanterie jugée incongrue. « Jugée » ! Une nouvelle fois le mot n’est pas adapté à la situation car il conduit à penser que les droits de la défense ont été respectés dans le cadre d’un procès équitable et public (…) devant « un tribunal indépendant et impartial » (article 6-1 de la convention européenne des droits de l’Homme). Ainsi, un trait d’humour (qui est une forme d’intelligence), considéré unilatéralement et discrétionnairement comme déplacé par la secrétaire d’Etat concernée, permet en France et au 21è siècle, de bouleverser la situation personnelle et familiale d’une citoyenne. Je pensais (à tort bien sûr) que nos élus étaient au service de la Nation et…du peuple. Qu’ils étaient des serviteurs (au sens noble du terme) et non nos nouveaux maîtres et seigneurs. N’assistons-nous pas (depuis des lustres, il est vrai) à un renversement de ce rapport ? J’ai le sentiment qu’un certain 14 juillet 1789 est devenu purement folklorique, qu’une certaine nuit du 4 août 1789 portant sur l’abolition des privilèges n’est plus qu’un fossile, qu’une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 est tombée dans les « oubliettes » de la féodalité. Une nouvelle noblesse est en place. Les puissants, les seigneurs sont de retour et bénéficient d’un régime et d’un statut privilégiés par rapport au menu peuple.
« La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration »
Feu article 15 de la Déclaration de 1789 précitée
S’agissant de « l’affaire américaine de la femme de chambre », dans l’attente de la vérité, la réaction de certaines personnalités ne manque pas de surprendre :
- « Il n’ya pas mort d’homme » (Jack Lang)
- Non ! Juste le viol présumé d’une femme.
« Il n’y a pas eu tentative de viol (… mais) une imprudence », « un troussage de domestique » (Jean-François Kahn)
Après ce « festival de Kahn » auréolé de décence, de délicatesse, de respect de l’humain et d’empathie, que dire de plus
Ah, la gueuse ! Elle nous ennuie avec ses états d’âme ! C’est vrai dans le fond, rétablissons ce privilège qu’était pour nos seigneurs de l’ancien régime le droit de cuissage.
Triste France tout de même ! Nous assistons :
- A la « Restauration » d’une classe de privilégiés qui, à quelques exceptions près, transcende tous les clivages : droite, centre et gauche,
- A une paupérisation croissante d’une grande partie de la population : le petit peuple, ce nouveau « Tiers Etat ».
- Au retour de l’Inquisition, de la chasse aux sorcières, de l’intolérance, de la dictature des esprits. La pensée unique combat tout ce qui est susceptible de remettre en cause un ordre dit établi (doux euphémisme compte tenu de son extrême fragilité et de l’imminence de son écroulement…). Combat déloyal qui n’hésite pas à violer le principe constitutionnel de laïcité et les droits et libertés fondamentales. Sont particulièrement ciblés : les nouveaux mouvements religieux, les courants philosophiques, les traitements thérapeutiques, les régimes…alimentaires.
Evoquons ce qui devrait être un quatrième pouvoir : les médias
La quasi servilité des médias
Il appartient à ces derniers de révéler les aspects peu reluisants des personnages publics qui ambitionnent aux plus hautes fonctions de l’Etat. Comment les médias justifient-ils leur complet silence, le black-out qui a été unanimement établi voire imposé ?
Tout simplement en invoquant l’article 9 du code civil sur le respect de la vie privée. Que je sache, cet article 9 n’a jamais empêché la presse d’empiéter sur la vie privée des « petits », voire de personnes ne bénéficiant pas de l’immunité et des relations des politiciens : acteurs de cinéma, chanteurs. Quant aux membres appartenant à certains groupes minoritaires qui sont systématiquement vilipendés par la Miviludes et autres consoeurs, la presse est alors frappée d’amnésie quant à la protection instituée par cet article 9. Je pourrais sur ce plan évoquer des affaires particulièrement révélatrices de l’hypocrisie, de la sauvagerie et de la veulerie des médias.
Combien d’émissions télévisées ont pour objectif visible la déstabilisation, le harcèlement, la démolition, l’humiliation de l’infortuné représentant d’une minorité qui a accepté de participer à un « débat » tronqué au cours duquel il ne peut jamais s’exprimer. Au terme de l’émission (en supposant que la victime puisse achever ce parcours du combattant particulièrement miné…), l’individu est brisé, sa vie étalée sur la place publique, ses convictions, croyances ou pratiques totalement discréditées.
En abandonnant leur indépendance et leur éthique, les médias ont perdu toute crédibilité aux yeux de l’opinion publique. Fort heureusement, il existe encore des médias qui méritent le respect. Sans vouloir en faire une liste exhaustive, je garde un excellent souvenir de mes participations à Canal + justice, à radio classique et aux interviews données à certains organes de la presse écrite (Libération par exemple)
On comprend mieux la désaffection des jeunes pour les affaires publiques, le taux croissant d’abstentionnistes lors de chaque élection.
Curieuse République tout de même qui essaye de marier aristocratie et démocratie. Dont la trilogie « liberté, égalité, fraternité » tente de se concilier avec celle des nouveaux maîtres : « privilèges, richesse, passe-droits ». Pour y parvenir, il faut se livrer à un véritable exercice de contorsion. Certes, on peut toujours faire entrer un pied chaussant du 44 dans un soulier pointure 40, mais…on ne va jamais bien loin, à un moment donné il faut s’arrêter : 1789, 1830, 1848, 1936, 1968…
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Belgique : Alerte météo Un vent de folie en provenance de la France
12.4.2011 par admin.
Belgique : Alerte météo
Un vent de folie en provenance de la France
Risque de causer d’importants dégâts
La France possède une loi, dont l’aberration n’a d’égale que l’inutilité et qui « tend à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales ». Il s’agit de la loi About-Picard (du nom de ses géniteurs, n° 2001-504 du 12 juin 2001) dont le contenu même constitue une insulte à la convention européenne du 4 novembre 1950.
Une proposition de loi destinée à régler les vrais problèmes de la Belgique ?
La Belgique, qui n’est certainement pas assez divisée et qui est toujours à la recherche d’un gouvernement stable, fait l’objet d’une proposition de loi estampillée « made in France » (la France est toujours très fière d’être un véritable phare qui éclaire l’humanité dans ses combats pour la liberté). Le projet a été déposé à la Chambre des représentants le 15 février 2011 par Mme Sabien-Lahaye-Batheu (c’est une seule et même personne) et Consorts sous la référence : Document 53 1217/001. Ce texte s’intitule pudiquement : « proposition de loi modifiant le code pénal en vue de sanctionner la déstabilisation mentale des personnes et l’abus de situation de faiblesse des personnes ». Vaste programme qui, s’il était appliqué à la lettre, devrait permettre de sanctionner et de mettre un terme à de nombreux comportements : le stress et les pressions résultant des cadences frénétiques et des exigences abusives imposées sur les lieux de travail, les manœuvres politiques et les malhonnêtetés commerciales (à moins que ce ne soit l’inverse) abusant les citoyens… Toutes pratiques qui se retrouvent en France (pensons aux nombreux suicides dans le travail : Télécom, police nationale et centres de détention pour ne citer que quelques cas dramatiques, incontestables et… inadmissibles)
L’inspiration française : « le siècle des Lumières blafardes »
Et le projet belge de se référer au modèle français, à savoir le rapport parlementaire de 1995 : une œuvre exemplaire, impérissable, un des joyaux de la culture et du rayonnement français. Dès lors, les mêmes critiques, les mêmes insuffisances, les mêmes faiblesses peuvent être relevées car il existe une très grande parenté (je n’ose parler de consanguinité qui pose toujours des problèmes compte tenu des lois incontournables de la nature…) entre la loi About-Picard et ce projet.
En effet, ce dernier déplore l’absence « de législation réfléchie et efficace » pour lutter contre les pratiques sectaires à savoir : « faux en écritures, abus de confiance, extorsion, recel, vol, diffamation, fraude fiscale, infractions au code du travail, viol, protection des mineurs, atteintes à l’intégrité physique, stupéfiants, armes et munitions, actes xénophobes et racistes… ». J’avoue ne pas comprendre. Qu’ont fait les parlementaires depuis des décennies ? Ils n’ont donc pas « réfléchi » ? Ils ont mis en place une protection législative « inefficace » ? Les infractions précitées relèvent du droit commun ! Si elles ne figuraient pas dans le code pénal belge (ce qui n’est pas le cas), il y aurait effectivement lieu d’être inquiet !
S’agissant d’autres infractions évoquées dans le projet législatif, à savoir : « les atteintes à l’intégrité mentale » ou « les contraintes psychologiques contre un individu », l’absence complète d’une définition claire, précise et rigoureuse rend ces textes inapplicables en droit pénal et condamnables au niveau des textes européens. Ne parlons pas de certains épouvantails qui sont agités : « les pratiques médicales et pseudo-médicales abusives » « abuser de (la) crédulité (d’un individu) pour le persuader (…) de la survenance d’évènements chimériques » !!!
Toutes les grandes religions vont se faire accrocher avec une telle incrimination : les promesses d’un paradis céleste, le châtiment de l’enfer, sans parler des pénitents qui devraient voyager en deuxième classe (le purgatoire) sont-ils des « évènements chimériques » ? Quant aux politiques je leur conseille d’être prudents dans leurs programmes et promesses électorales : « résorption du chômage, retour à la croissance, fin de la pollution nucléaire, lutte pour le respect de la biodiversité, baisse de la pression fiscale, maintien du pouvoir d’achat, lutte contre la dictature des banques… ». Que de poursuites en perspective… !
Qui est ciblé par ce projet ?
La proposition de loi brille par son flou. Elle évoque continuellement « certaines sectes », « certains groupes », « certains mouvements », « certaines organisations ». Bref, et de façon paradoxale, il n’y a rien de « certain »…
Tout au plus trouve-t-on mention, une seule fois des Témoins de Jéhovah (à propos d’exonérations fiscales) et de la Scientologie, et à plusieurs reprises de ASBL (Assemblée spirituelle Baba’is). Simples mentions non exemptes d’arrières pensées…
Mais, à côté des « religions et philosophies », le projet se garde bien d’oublier dans ses largesses les personnes et mouvements qui opèrent dans les domaines de « la santé, de l’alimentation, des méthodes thérapeutiques ». Une guerre tous azimuts est en préparation, le tout dans un climat serein entre Wallons et Flamands.
La proposition de loi constitue-t-elle une diversion pour faire oublier ou escamoter les vrais problèmes de société comme c’est régulièrement le cas en France ? Veut-on attiser l’incendie qui dévaste ce beau pays ? Accentuer les divisions (à ce propos, au sein des Témoins de Jéhovah la coupure Wallons et Flamands n’existe pas. Cet exemple devrait être médité par le législateur belge…) ? Réunifier le peuple contre un « ennemi commun », ce bouc émissaire des temps modernes que sont les sectes ?
Mon triste vécu de ressortissant français (mais surtout de « citoyen du monde »), ma profonde sympathie pour le peuple belge (j’ai le plaisir de compter parmi mes amis des Wallons et des Flamands, tous ne sont pas forcément Témoins de Jéhovah) me conduisent à déplorer la présente situation et… ce qui se dessine à l’horizon.
Puisse le Parlement belge retourner cette proposition législative à son producteur (la France) pour vices cachés (et apparents).
Puisse la France, dans un premier temps s’interdire toute exportation de son brevet d’invention, et dans un deuxième temps procéder à son élimination dans le cadre de la législation européenne sur le traitement des déchets polluants et dangereux (directive n° 2006/12/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2006 et articles L 541-1 et suivants du code de l’environnement).
D’avance merci.
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AVIS DE DECES : LA BANDE DESSINEE EST EN DEUIL
28.3.2011 par admin.
La bande dessinée est endeuillée. Elle vient de perdre, dans des conditions particulièrement tragiques, son âme c’est-à-dire sa vie elle-même (le mot « âme », tiré de l’hébreux « néphèsh » désigne dans la Bible la vie qui anime toute créature).
La cérémonie a eu lieu le samedi 26 mars 2011 au cimetière de la tolérance : Adfi Nord 19 place Sébastopol à Lille. Etaient présents de nombreux acteurs : Astérix et Obélix, Bécassine, les Pieds Nickelés, Bibi fricotin, Spirou, Black et Mortimer, Pim Pam Poum, Tintin et le capitaine Haddock, Tournesol, les Dupont et Dupond, les Simpson, Gaston la Gaffe, Cubitus, Boule et Bill, Titeuf, Babar, Barbie, Lucky Luke venu spécialement des Etats-Unis… Précisons que la coutume qui sied dans le monde du spectacle et qui consiste à applaudir au passage du corps, n’a pas été respectée. Le public a voulu ainsi exprimer son mécontentement, sa tristesse et son profond désaccord.
Quels évènements sont à l’origine de cette fin brutale de la BD que d’aucuns qualifiaient comme étant le 9è art ? Voici la genèse de cette disparition.
L’Adfi Nord/Pas-de-Calais a publié une BD de 30 pages qu’elle présente ainsi « une BD interactive de prévention à destination des jeunes, et des moins jeunes » afin de les mettre en garde contre « les dérives sectaires ». Ont participé à cette œuvre « Céline » (aucun rapport avec le Céline antisémite notoire qui exprimait durant la seconde guerre mondial sa haine pour cette minorité), le dessinateur Ottami et, vu que le débat volait « au ras des pâquerettes » le professeur Parquet, membre du conseil d’orientation de la Miviludes.
« Ce petit pas (de Calais), mais ce grand pas pour l’humanité » n’a pas laissé indifférent France 3 Nord/Pas-de-Calais qui rapporte : « des croquis de mangas japonais qui deviennent grâce au crayon du dessinateur Ottami des adolescents de la vie, dans une BD destinée à prévenir les mouvements sectaires ». Ce commentaire, qui se voulait élogieux, prête à sourire :
Le terme « manga » est généralement traduit par « image dérisoire »,
« man » signifie à l’origine, en chinois, « déborder », « à son gré ». S’agissant de ce dernier terme, le roi de France disait « car tel est notre bon plaisir ». Bref, le pouvoir personnel et, par voie de conséquence, discrétionnaire… Le pouvoir de déterminer ce qu’est une « dérive sectaire », « une secte », « des pratiques dangereuses pour la santé tant physique que psychique »… Le tout sans contrôle, sans contradiction, sans rigueur scientifique.
Quant au dessinateur Ottami, il devient « Attomi », France 3 Nord/Pas-de-Calais, ayant certainement été Attomi(sé) par les radiations nuisibles et dangereuses émanant de cette BD totalement étrangère au genre « comic book ».
Ainsi, la bande dessinée, qui appartient principalement au monde merveilleux de l’enfance et de l’adolescence, devient entre les mains de l’Adfi une arme de propagande et de manipulation des jeunes esprits. Elle véhiculera chez les futures générations la suspicion, la discrimination voire la haine à l’égard de ceux qui prônent un autre mode de vie, un droit à la différence qui peut (et doit) s’exercer dans tous les domaines de l’activité humaine. Une belle façon de préparer et de construire l’avenir… Précisons que les chrétiens Témoins de Jéhovah (le cinquième culte en France) sont particulièrement « visés » dans cette manga-niaise (le manganèse est un métal gris, dur mais…cassant, donc faible).
Le corps social français compte tenu de son niveau d’unité, de solidarité, de fraternité n’avait guère besoin de cette entreprise de déstabilisation et de destruction. Recherchez où se trouve la « dérive sectaire » et l’authentique « secte destructrice » !
L’évocation de notre bloc de libertés fondamentales reconnues par la Constitution : libertés de pensée, d’opinion, d’expression, de religion, de culte… conduit à poser les questions suivantes :
1 Des associations loi de 1901 type Adfi sont-elles légales compte tenu de leur objet social, de leurs activités réelles (souvent camouflées derrière un objet social d’apparence respectable), de leur politique, des moyens utilisés…?
En effet, la loi du 1er juillet 1901 et le code civil imposent, sous peine de dissolution par le tribunal de grande instance, que les associations « respectent l’ordre public et aient un objet et une cause licites ». Paradoxe de l’histoire, la loi About-Picard, qui avait été initiée dans un tout autre but, pourrait fort bien recevoir application en la circonstance.
2 Par voie de conséquence, le subventionnement public de telles structures est-il légal ?
3 Quant à la BD elle-même, s’agissant d’une « publication destinée à la jeunesse », respecte-t-elle la législation spécifique applicable en la matière ? Il appartient au service compétent du Premier ministre de se prononcer sur cette nouvelle aberration républicaine.
4 D’une façon générale, que font nos institutions face à ces dérives ? Je répète inlassablement depuis des décennies que la liberté est indivisible. Porter atteinte à une liberté quelconque, à l’égard d’un groupe social, si petit soit-il, conduit tôt ou tard à la disparition de toutes les libertés pour tout le peuple. Les combats menés au 20è siècle par les Témoins de Jéhovah aux Etats-Unis ont permis d’enraciner définitivement des libertés qui aujourd’hui profitent à tous les américains.
5 Dès lors, le dossier « secte ou dérives sectaires » n’est-il pas, en fin de compte, le champ d’expérimentation, les prémices d’un vaste plan liberticide ? De nombreuses libertés ont déjà été abîmées :
Droit à l’information et au libre choix : domaines médical, nucléaire (une triste actualité), pharmaceutique et plante naturelle (voir la directive européenne applicable à compter de vendredi prochain : nous serons le 1er avril 2011)
Respect de la vie privée et familiale : multiplication des fichiers sur les individus, emprise de services sociaux sur les assistés qualifiés pudiquement « d’usagers des services publics »
Respect de la dignité humaine : explosion des chômeurs, SDF, assistés sociaux dépendants d’administrations et, en dernier ressort, d’un Etat aux mains d’une « élite » (un « sic » justifié vu l’état du monde)
Et, plus spécifiquement pour la France : le principe constitutionnel de laïcité et de neutralité : utilisation de sous-marins associatifs, ou plus exactement d’associations para-administratives financée sur fonds publics, permettant à l’Etat de contourner le texte fondamental du 4 octobre 1958.
Principe constitutionnel d’égalité dans les droits (pensons aux minorités, aux femmes dans le travail, aux justiciables devant la justice, aux enfants face à l’instruction, aux malades devant les soins médicaux…) et les obligations (évoquons l’égalité devant l’impôt et plus spécialement le procès fiscal de l’association des Témoins de Jéhovah devant la Cour européenne. S’agit-il d’une affaire sans précédent dans le monde associatif ou des « prémices » d’un vaste rançonnage fiscal destiné à renflouer les caisses vides de l’Etat … ?)
Mais au fait, quelle mouche a piqué l’Adfi du Nord ? Du « Nord » ! Visiblement cette structure locale de l’Unadfi l’a perdu depuis longtemps.
Nous avions, un jeune et talentueux dessinateur (âgé à l’époque de 16 ans qui a signé ses dessins sous le pseudonyme « Benf ») et moi-même, édité en 1997 « Le Bêtisier des sectes et des religions » qui évoquait avec humour (un humour gentil) l’Unadfi. Cette dernière, par courrier dactylographié en date du 16 septembre 1998, nous a demandé de lui adresser gratuitement 1 exemplaire « de l’ouvrage » (terme qu’en toute humilité nous estimons excessif). Cette demande invoquait le fait « que notre association fonctionne avec de faibles moyens financiers » (raison que nous considérons en toute objectivité comme tout aussi excessif vu les montants de subventions publiques dont bénéficie cette structure). Le lecteur trouvera copie de ce courrier (pièce 1).
Notre altruisme aidant, notre souci d’aider les pauvres et les déshérités, notre engagement pour les nobles causes nous a conduits à répondre favorablement à cet appel au secours. Nous n’avons pas eu affaire à une ingrate, l’Unadfi nous a remercié par un courrier en date du 28 décembre 1998 (pièce 2). Tout arrive…
Il n’y a plus d’exemplaires disponibles de ce Bêtisier qui a été tiré en 3000 exemplaires. Aussi, quelques dessins figurant dans cet « Ouvrage » (dixit l’Unadfi), sont rendus accessibles aux « passants furtifs » (pièce n° 3).
Ce Bêtisier a-t-il inspiré, 14 ans après, l’ADFI du Nord ? Nous l’ignorons. Mais, si tel est le cas, au-delà de l’hommage tardif qui nous est rendu à BENF et à moi-même, nous nous excusons auprès des « bédéphiles » (terme utilisé par l’ADFI) d’être complices involontaires et « et à l’insu de notre plein gré » de la disparition de l’âme de la BD. Mea culpa, amen
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Sectes - Religions le bêtisier
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« UN MONDE DE « BRUT »
28.2.2011 par admin.
Tout le monde arabe s’enflamme, à la surprise générale des grandes nations occidentales qui ne sortent pas grandies de la « realpolitik » (adaptation moderne des enseignements de Machiavel) menée au cours des trois ou quatre dernières décennies. Ces « puissances », dans leur égoïsme, imaginaient certainement que les peuples concernés renonceraient définitivement à cet amour de la liberté, à cette exigence de dignité, à cette volonté de paix et de sécurité qui sont ancrés dans le cœur de tout humain. Une dictature ne peut nullement répondre à de telles attentes et, tôt ou tard, les aspirations individuelles se fédèrent, consciemment ou inconsciemment, et s’expriment dans une explosion populaire. Les enseignements de l’Histoire sont toujours oubliés : 1789, octobre 1917, les guerres de décolonisation, mai 1968, le mur de Berlin…
Et l’occident de s’inquiéter pour ses propres économies et son approvisionnement en pétrole. Le coût du brut « flambe » (lui aussi…). Cette façon d’aborder la question, de façon égoïste et… par le petit bout de la lorgnette est pour le moins révélatrice. Face à une remise en cause de régimes politiques oppressants, remise en cause qui pourrait fort bien s’étendre au niveau mondial, les nations nanties regardent leur nombril et n’appréhendent que leurs intérêts immédiats. Politique de myopes basée sur le court terme… N’oublions pas que les 192 Etats qui siègent à l’ONU comportent environ 150 régimes autoritaires et dictatoriaux. Est-ce viable à terme ? Le statut-quo fait-il partie de cet « ordre mondial », aussi fragile qu’instable, défendu par les puissants de ce monde dans tous les domaines : économique, financier, social, géopolitique…
Le monde est toujours dominé par le « brut ». D’aucuns redoutent un nouveau « choc pétrolier » ? De toute évidence ce dernier coïncidera avec « un choc céréalier », et, d’une façon générale, « un choc alimentaire ». La Bible (révélation chapitre 6 verset 6) annonçait que des biens de première nécessité comme un litre de blé ou trois litres d’orge coûteraient le salaire d’une journée de travail (un denier de l’époque). Cette prophétie se réalise aujourd’hui. Est-ce une découverte ? Absolument pas ! Depuis des décennies la tragédie de la faim dans le monde s’aggrave. De nombreux et incessants avertissements sont prodigués depuis près de 70 ans. Ainsi, la revue américaine U.S. News et World report du 4 août 1980 évoquait les travaux d’une commission qui à l’époque alertait les autorités : « A moins que de nouvelles et importantes mesures ne soient prises, d’ici 20 ans notre monde ne sera qu’une planète peu sûre et d’une saleté repoussante sur laquelle des milliards de déshérités se disputeront des ressources rares et très chères ». Cette commission officielle, nommée par le président des Etats-Unis, n’appartenait à aucun mouvement dit apocalyptique.
Visiblement rien n’a été fait pour mettre un terme à la tragédie de la faim. L’ONU (dans lequel le Vatican voyait le « Gouvernement de Dieu » sur la terre) et les Etats confirment leur totale impuissance à solutionner les problèmes mondiaux.
Les statistiques sérieuses évoquent la présence sur notre planète de plus d’un milliard de pauvres ne disposant pas d’un minimum qui se situe, en tout état de cause, en dessous de ce qu’exigent la décence et de la dignité. Les chiffres sont froids et touchent très rarement le cœur. L’information: « plus d’un milliard d’humains ! » ne peut jamais exprimer toutes les souffrances vécues par ces enfants, ces femmes, ces hommes. Aux chiffres je préfère le littéraire. Le récit suivant ne laissera personne indifférent :
///« A Chimu, sur la rive du lac Titicaca (3800m) au Pérou.
(…) Ce sont les enfants qui les premiers nous ont approchés, grands yeux noirs de biche et remplis de convoitise.
Sans faire attention, j’ai mangé une pomme, mais je me suis arrêté net en voyant les enfants se précipiter pour croquer les épluchures que je jetais. Se peut-il qu’un être humain soit misérable à ce point !… Sans arrière-pensée, nous avons alors commencé notre offensive d’amitié, ouvrant pour eux des boîtes de biscuits et distribuant des morceaux de pain sur lesquels ils s’abattaient comme des affamés. Quentin, mon fils, jamais tu n’auras la permission de jeter du pain ! Les femmes sont arrivées en courant, tendant vers nous leurs mains noires et noueuses, et nous entourant de leur groupe implorant. Je me souviens qu’à la trouble époque de la libération de Paris, les soldats américains s’étaient également vus assiégés par des femmes et des enfants, quémandant cigarettes et chocolat. Malgré les souffrances de la guerre, les Français n’avaient pas atteint le dixième de la misère que nous avons trouvée chez les Aymaras de Chimu. A moi, ceux-ci demandaient du pain, et non du chocolat, et je puis en juger maintenant : un peuple n’a le droit d’oublier ainsi sa dignité que s’il est plongé dans un dénuement total et sans espoir…
…Chaque soir, lorsque nous faisions la cuisine, celui que nous appelions le paria venait nous rendre visite, accompagnée de sa petite fille, frileuse et maigre silhouette aux grands yeux noirs chargés d’envie. C’était sans doute le plus misérable de nos voisins. Cet homme et sa fille furent notre calvaire ; tous les soirs ils contemplaient notre dîner, le regard suivant chaque trajet de la cuillère depuis l’assiette jusqu’à la bouche. Nous l’aidions au maximum mais nous ne pouvions pas l’inviter, c’eût été un précédent fâcheux, et par la suite il aurait fallu nourrir toute la population de Chimu. Chaque fois que nous jetions une boîte de conserve vide, un bout de papier, une allumette consumée, le père faisait signe à sa fille, et elle se précipitait pour ramasser l’objet qu’elle conservait comme un trésor dans sa petite main brune. Un jour, il restait des nouilles, et sans penser à mal, nous les jetâmes sur le sable où la petite vint les disputer aux chiens du village. Ce fut une bien cruelle leçon, mais, à la longue, on s’habitue à tout, même à prendre ses repas sous le regard d’un affamé ».
« On s’habitue à tout ! ».
L’expression est sinistre, inhumaine et fait très mal. Mais, ne nous habituons nous pas à voir des SDF dormir dans le froid, des personnes jetées sur le pavé faute d’avoir payé leur loyer, des dictateurs reçus en grande pompe, des régiments de chômeurs remerciés par des puissances financières guidées par le dieu argent, des peuples exploités afin d’assurer le confort de nations nanties… (liste dramatiquement non exhaustive) ?
Le récit ci-dessus est tiré du livre de J Raspail « Terres et peuples incas » (collection La Croix du Sud, Julliard 1954 pages 204-205 et 213-214). Vous avez bien lu : 1954, il y a près de soixante ans ! Sachant que depuis cette époque la situation des pauvres n’a fait qu’empirer….
(Complément : Juste un petit détail historique à propos de la libération de Paris. Les parisiens ont bénéficié de la générosité des soldats américains de la 4è division d’infanterie et… des soldats de la 2è DB du général Leclerc durant les journées des 23, 24 et 25 août 1944).
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LETTRE A UN PASSANT FURTIF
27.2.2011 par admin.
Bonjour passant internaute,
Nous te remercions de ta visite. Tu passes discrètement sur ce site, tu le parcours et, nous l’espérons dans la mesure où tu reviens, tu l’apprécies.
Depuis des années nous le faisons vivre en commentant l’actualité et en défendant farouchement les libertés fondamentales qui sont le patrimoine commun de l’humanité : libertés de pensée, de conscience, de religion, d’expression, de réunion, d’association, de choix thérapeutique… Des libertés très fragiles, menacées par le bruit des bottes, et pour lesquelles chaque « citoyen du monde » doit être prêt à se battre.
A la différence des institutions, organismes et structures (publics et privés), loges de quelques obédiences qui nous combattent, nous ne sommes pas grassement nourris par les aides publiques. Toute notre action repose sur des bénévoles. Mais, durant la dernière guerre, les personnes engagées dans la Résistance, le maquis et les FFL n’étaient pas motivées par l’intérêt financier. Sur ce, et c’est avec fierté que nous ne réclamons rien, absolument rien sur le plan financier.
Mais, ne pourrais-tu, site internet faisant, déposer une modeste offrande qui s’appellerait « appréciation », et pourquoi pas « encouragement », et allez… soyons fous : « prise de position »
Cet engagement, si petit soit-il, serait chaud à notre cœur et nous permettrait dans les moments difficiles, et ils sont fréquents, « de garder le CAP »
D’avance merci
En 2010, ce blog a reçu 108 460 visites
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« APOCALYPSE NOW… »
28.1.2011 par admin.
« Dis Papa, c’est quoi l’apocalypse ? »
« L’apocalypse c’est une planète meurtrie et à l’agonie
Où la mer reflue face aux marées noires
Où des espèces animales et végétales disparaissent par centaines
Où de grands ogres bancaires et industriels règnent en maîtres
Où des monstres pharmaceutiques gangrènent les systèmes de santé
Où des pandémies fauchent les humains
Où des OGM suicidaires méprisent les lois de la nature
Partout le profit roi »
« L’apocalypse c’est un monde en folie et en pleine dégénérescence
Où l’humanité programme sa propre catastrophe
Où des dépenses militaires et des guerres participent au système économique
Où les politiques sont des guides aveugles
Où l’horloge du Jugement dernier sonne les premiers coups de minuit
Où des ersatz démocraties caricaturent les rêves et les idéaux de l’homme
Partout le désordre »
« L’apocalypse c’est une société cruelle
Où le petit est humilié, la veuve et l’orphelin sont méprisés
Où l’injustice et la spoliation sont généralisées
Où le quotidien est fait de crimes, de vols, d’agressions
Où la couleur de la peau et l’appartenance à une minorité sont des handicaps
Où les génocides sont banalisés
Où les nationalismes sont de sordides instruments de gouvernement
Partout la haine »
« L’apocalypse c’est une civilisation sur le point de disparaîtr
Où les grandes religions ont déshonoré Dieu et ne sont plus d’aucun secours
Où les droits de l’Homme sont bafoués
Où les dictateurs, telle l’Hydre, se multiplient malgré les cris du peuple
Où le bruit des bottes résonne sinistrement
Où l’homme n’a plus de modèle à proposer
Partout le désespoir »
« L’apocalypse c’est… »
« Mais alors, Papa, l’apocalypse c’est en ce moment ! Les cavaliers de l’apocalypse, ils sont là ! Le noir le rouge, le blême ! La famine, la guerre et la mort ! »
« Soyez discrets mes enfants, votre analyse réaliste de la situation mondiale va conduire certaines structures étatiques à vous accuser d’appartenir à une secte apocalyptique. La situation est désastreuse, certes ! Mais, voyez-vous… dans notre société « on » préfère se taire et mettre son cerveau aux abonnés absents…
Partout la pensée unique
Partout la politique de l’autruche
Sur ce mes enfants, portez uniquement votre attention sur le quatrième cavalier, le blanc et n’oubliez pas l’espoir qu’il représente. Ecoutez aussi cette chorale d’alléluia (*)et ces dizaines de millions de cœurs qui battent au même rythme que le votre. L’apocalypse, ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est que la fin d’un système en faillite et l’aube d’un monde nouveau »
(*)Petite précision linguistique :
« Alléluia » provient de l’hébreux « hallelou Yah » qui signifie louez Yah (Yah étant la forme contractée du nom de Dieu : Jéhovah). La purge vaticane qui a consisté à ôter le nom de Dieu de tous les cantiques (et de la Bible) a, de toute évidence, échoué.
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LA MIVILUDES EN ACTION…
11.1.2011 par admin.
LA MIVILUDES EN ACTION…
Et…
L’ETAT DE DROIT EN DECOMPOSITION
La Miviludes demande que ses membres et agents ne soient plus à l’avenir (un avenir radieux pour les libertés…) « Poursuivis, recherchés, arrêtés, détenus ou jugés à l’occasion des opinions qu’ils émettent ou des actes qu’ils accomplissent dans l’exercice de leurs fonctions ».
Cette exigence, pour le moins insolite, ressort d’un document officiel de l’Etat français, à savoir : l’avis N° 116 (2010-2011), d’Alain Anziani, fait au nom de la commission des lois et déposé le 18 novembre 2010.
En un mot, la Miviludes demande la totale impunité (pénale et civile) pour tous ses serviteurs. Si ce caprice, non dépourvu d’arrière-pensées, était satisfait, la France reviendrait à l’époque que l’on croyait révolue, où les rois de France (qui étaient comme chacun le sait d’essence divine…), jouissaient d’une totale irresponsabilité. Cette nostalgie de la monarchie absolue se concilie très mal avec un Etat de droit, avec une société démocratique et libérale qui reposent sur le respect des droits fondamentaux destinés à garantir et à assurer les libertés de conscience, de pensée, de religion, de culte, de réunion, d’association, d’expression… Le roi, « représentant de Dieu sur terre ne pouvait mal faire ». En ce 21è siècle, en sera-t-il de même pour la Miviludes ? Le dogme de l’infaillibilité papale transposée dans un Etat laïc ? L’Inquisition opérant avec une écharpe tricolore ? Ces curiosités relèveraient certainement de « l’exception française ».
Au-delà de ces remarques pamphlétaires, cette irresponsabilité statutaire serait inquiétante en ce sens qu’elle rétablirait le pouvoir absolu. Le mot « secte » et son hypocrite succédané « dérives sectaires », nous le savons tous, ont été détournés de leur sens originel et revêtent, dans certains milieux où la tolérance n’est pas la vertu cardinale, une connotation péjorative chargée d’anathème. L’appartenance à une secte, l’accusation de « dérive sectaire », sont devenues sur la scène nationale de véritables délits Des délits d’une époque troublée, reflets d’une société en pleine décomposition et qui tente de s’accrocher à un mode de production et de vie qui, à ses yeux, serait la panacée (un remake de « La Grande illusion »). Ces termes sont cependant dénués de tout fondement juridique, préliminaire pourtant indispensable dans un Etat de droit. Sauf dans les régimes totalitaires, un comportement n’est répréhensible et ne peut être sanctionné que s’il a été au préalable défini avec précision. Dans la mesure où les pouvoirs publics ont décidé depuis trois décennies de s’opposer au droit « de suivre une autre route qu’eux » (droit cher à Georges Brassens) et de marginaliser, discriminer, mettre au banc des accusés une partie de la population, le minimum aurait été de définir ces deux infractions (sic) qui interdisent en réalité le droit à la différence. Et pourtant ! Georges, Georges Fenech cette fois-ci, président de la Miviludes, a confessé le 15 octobre 2010, sur Radio Vatican : « Nous n’avons pas de définition, ni d’une secte, ni d’une dérive sectaire ». S’agit-il d’un scoop, d’une nouvelle ou d’une révélation ? Absolument pas ! Cette réalité, ou plus exactement cette évidence, est admise, depuis des lustres, par les sociologues, les historiens, les religieux, les juristes… S’agit-il d’un aveu donné dans le cadre d’un confessionnal ? N’étant pas dans le secret du Vatican, je l’ignore. De façon plus sérieuse, la réponse donnée par Georges Fenech a le mérite d’être courageuse et respectueuse du droit.
Lorsque l’immunité complète et permanente (les parlementaires eux-mêmes ne bénéficient pas d’une telle permanence) aura été accordée, les agents de la Miviludes seront « juges et parties ». Le scénario est écrit d’avance.
- La Miviludes a balayé, d’un coup de loi (il fallait le faire…) les textes… légaux (loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat), constitutionnels (principes de laïcité et de neutralité) et conventionnels (5 ou 6 articles de la convention européenne des droits de l’Homme), textes qui placent toutes les croyances sur un pied d’égalité et condamnent toutes les formes de discrimination.
- Elle peut désormais, sans qu’il soit nécessaire de motiver sa décision et de décrire ses errements, pardon sa démarche intellectuelle, qualifier toute association ou organisation de « secte », tout comportement et pratique de « dérives sectaires ».
- A partir de cette décision unilatérale, autoritaire et non susceptible d’appel, elle peut enclencher tout un appareil répressif ou dissuasif.
- Actions menées sous couvert d’une cuirasse immunitaire à toute épreuve.
Ce faisant, la Miviludes cumulera les compétences législative et exécutive. L’autorité judiciaire, quant à elle n’inquiètera pas ce pouvoir Miviludien du fait du régime d’irresponsabilité institué. Même le Président de la République, sur le plan constitutionnel, ne bénéficie pas de telles prérogatives.
Un seul problème ! A trop regarder son nombril, « on » ne lève plus les yeux et « on » occulte totalement son environnement. Or, que je sache, la France fait partie du Conseil de l’Europe et a ratifié, tardivement (1974) je vous l’accorde, la convention européenne de…1950. Une plaignante (et elles risquent d’être nombreuses à l’avenir) qui se considérerait victime de la Miviludes et qui aurait été déboutée par les juridictions françaises, en raison précisément de ce régime d’irresponsabilité, serait très avisée de saisir la Cour européenne. D’une part, la Cour de Strasbourg, à de nombreuses reprises, a rappelé que les juges nationaux doivent faire prévaloir le droit européen. D’autre part, dans le présent cas de figure que nous évoquons, les arguments juridiques tirés de la convention européenne ne font pas défaut, bien au contraire :
Article 6 : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial (…)
Article 8 : respect de la vie privée et familiale
Article 9 : respect de la liberté de pensée, de conscience et de religion
Article 10 : liberté d’expression, d’opinion, droit à l’information
Article 11 : liberté d’association, de réunion
Article 13 : « Toute personne dont les droits et libertés reconnus par la présente Convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles ».
Ah bon !
Article 14 : « La jouissance des droits et libertés reconnus par la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation »
La justice, l’égalité, la tolérance, le pluralisme, le droit, les libertés, le bon sens… faute d’être réaffirmés par le juge français, seront protégés et garantis par le juge européen. Un nouveau rendez-vous historique manqué par le premier et réussi par le second. Du plus bel effet pour le Pays des droits de l’Homme…
Oubliant la fable de la grenouille
Le pouvoir absolu
La Miviludes voulut
Et sa totale immunité
Demanda avec volupté
Mais, mal se termina la magouille
Ne comptez pas les pieds, ce ne sont pas des alexandrins, tout au plus de la prose boiteuse. Pardonnez-moi ce carnage littéraire, mais, dans la mesure où en France certains massacrent et piétinent nos libertés, je n’ai aucune honte. Les traditions s’envolent, notre patrimoine juridique et littéraire s’évapore et tout est permis. Alors…
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AVOIR MAYAS PARTIR AVEC L’OBSCURANTISME
28.12.2010 par admin.
***Ainsi, la « fin du monde » serait programmée pour 2012, et très exactement pour le 21 décembre 2012. Un film à très grande audience intitulé (on se demande pourquoi) « 2012 » a connu un énorme succès. Là aurait pu s’arrêter l’histoire. Ce n’est pas le cas. De nombreux sites relaient cette information qui est amplifiée par les médias. Pourquoi ? Information qui à son tour alimente de nombreuses conversations. Pourquoi ? Comment cette date a-t-elle été arrêtée ? Pourquoi la petite localité de Bugarach dans l’Aude est-elle associée à ce qui serait la conclusion de l’aventure humaine ?
Le calendrier maya
« Bizarre ! Vous avez dit bizarre ? ». De fait, ce dossier semble pour le moins bizarre. A l’origine il y a ce calendrier maya qui s’arrête précisément à cette date du 21 décembre 2012. Il est vrai que la civilisation maya a brillé par sa connaissance des mathématiques, de l’architecture, de la sculpture, de l’astronomie… Dans de très nombreux domaines, la science des mayas était supérieure à celle des grecs et des romains. D’où la très grande autorité attachée à leurs travaux et calculs en matière d’astronomie. Ainsi, les mayas avaient calculé que la durée de l’année solaire était de 365,2420 jours. Nos brillants savants sont parvenus tardivement à fixer la durée exacte, à savoir : 365,2422 jours. Extraordinaire, n’est-ce pas ? Mais, faut-il pour autant en déduire que la fin de leur calendrier (établi sur plus de 5000 ans) indique, sans discussion possible, que la société humaine est arrivée à son terme ? N’oublions pas que la société maya, quel que soit le niveau de culture atteint, présentait quand même certains aspects pour le moins inquiétants : sacrifices humains, notamment d’enfants et de prisonniers, à des dieux païens. Par ailleurs, l’astrologie qui était l’affaire des prêtres, occupait une place importante dans la cité. Leur civilisation et leur degré de conscience universelle n’étaient donc pas aussi avancés.
A ce stade de ma réflexion, je ne peux m’empêcher de constater que dans nos sociétés modernes l’astrologie dirige de nombreuses personnes, y compris nos responsables politiques (ce qui explique certainement en partie l’impasse dans laquelle la communauté internationale se trouve…). Quant aux sacrifices humains, « nous » opérons il est vrai sur une échelle beaucoup plus vaste avec deux guerres mondiales et plus de cent millions de morts en moins d’un siècle, le tout au nom du dieu Etat et de la déesse Patrie.
Les mouvements apocalyptiques
Toujours est-il que cette date du 21 décembre 2012 fait les beaux jours des mouvements apocalyptiques et occultes. Une parenthèse : le message biblique dispensé par les Témoins de Jéhovah n’a jamais présenté un caractère apocalyptique malgré les affirmations de certaines structures étatiques (type Miviludes), d’associations (genre Unadfi) ou de commissions parlementaires (une espèce hybride) qui sortent de leur rôle (un parlement doit fédérer le peuple et non susciter des discriminations et préjugés). Les Témoins de Jéhovah prêchent l’évangile (qui veut dire « Bonne Nouvelle »). Ils annoncent la « fin… d’un système » de gouvernance humain et non… la fin du monde. Quant la société maya été détruite par les conquistadors espagnols appuyés par le clergé catholique (« le sabre et le goupillon »), cet évènement a vu « la fin du système » de gouvernement maya… et non la fin du monde.
La crise de civilisation
Quelle curieuse revanche de l’histoire tout de même. Les Espagnols et l’Eglise catholique romaine ont justifié la destruction des cités mayas, l’esclavage et l’exploitation du peuple par une sorte de sainte croisade entreprise au nom de la civilisation et de la christianisation. Le peuple a été ruiné par les exigences de ses nouveaux maîtres, quant au christianisme il s’est édulcoré dans un curieux mélange de paganisme basé sur l’adoration de dieux antiques dans les grottes et le culte des saints dans les églises catholiques. L’échec est total.
Aujourd’hui, nous assistons au retour en force de la civilisation maya par l’entremise de… son calendrier. Pour une bonne partie de l’opinion publique, l’arrivée à terme du calendrier maya est plus importante que les bulles papales, les encycliques et les instructions des chefs religieux toutes confessions confondues. Un tel déplacement des centres d’intérêt spirituel reflète très bien l’état de la société résultant de la faillite des grandes religions, de la banqueroute des systèmes politiques, de la destruction programmée de la planète et du désarroi des peuples qui tentent désespérément, dans la tourmente actuelle, de trouver, à défaut de certitudes, des repères. Les « NMR » (« nouveaux mouvements religieux » selon Régis Dericqbourg) s’inscrivent dans ce mouvement de l’histoire. La lutte qui est menée pour entraver ce dernier (il ne pourra être détruit) s’effectue à contre courant avec l’évolution des sociétés. Malraux disait « le vingt et unième siècle sera spirituel ou ne sera pas ».
Il était un petit village gaulois…
Et notre petit village de Bugarach dans toute cette histoire ? Des organisations et des mouvements diffus versés dans l’occultisme tentent d’accréditer l’idée que le mont Bugarach serait sacré. Que ce dernier abriterait des extraterrestres (ainsi d’ailleurs que…. le trésor des Templiers) et qu’il faudrait impérativement être sur cet emplacement, le 21 décembre 2012, afin de pouvoir s’embarquer à bord d’aéronefs pilotés par les extraterrestres. Que deviendront ceux, dont je suis, qui n’auront pas pris leur billet (aller simple ou aller-retour ? La question mérite d’être posée) ?
Et d’évoquer, pour appuyer cette affirmation et renforcer le mystère maya, la présence d’innombrables vestiges accréditant l’idée que la terre a été visitée dans le passé par des extraterrestres : Tiahuanaco, les figures de Nazca, le plateau de Marcahuasi, les légendes communes à de nombreuses civilisations évoquant la présence d’êtres supérieurs qui seraient venus du ciel, les pyramides d’Egypte, les statues de l’île de Pâques…
Cette démonstration est appuyée par le rappel de nombreux faits historiques régionaux (prouvés et non prouvés) qui sont sensés être survenus dans la périphérie de Bugarach : Marie Madeleine, demeure de Nostradamus, trésor de l’abbé Saulnières à Rennes le Château, présence des Templiers… Cette accumulation d’arguments explique l’engouement des personnes attirées par l’occultisme, l’extraordinaire, le fantastique, le nouveau qui renoue avec le passé (comme la mode vestimentaire), l’irrationnel… Ces preuves historiques, ces légendes, ces contes, quelques faits réels plus ou moins enjolivés permettent de convaincre même des incrédules.
Bugarach, face à cette ruée vers l’or(dination) et la survie pourrait connaître très rapidement des problèmes d’organisation liés à la surpopulation, à l’insuffisance des moyens et des structures d’accueil. Un mouvement de panique, me direz-vous, n’obéit pas toujours à la raison. C’est effectivement le cas dans tous les naufrages… et ceci en est un.
La raison m’incite à relever :
Que la fin du calendrier maya était inévitable. On ne voit pas l’utilité pour les astronomes-astrologues d’établir un calendrier qui aurait plongé ses regards vers l’éternité. Il fallait bien, à un moment donné, arrêter la prospection. Embrasser une période de plus de 5000 ans constitue déjà une belle performance, surtout à notre époque où les gouvernements se dirigent à la corne de brume et gèrent les affaires au jour le jour…
Que par ailleurs, associer la fin dudit calendrier à la fin du monde constitue une regrettable confusion et un raccourci un peu rapide. Il est vrai que l’information fait vendre.
Qu’enfin, s’agissant de la petite commune de Bugarach, dans la mesure où les « touristes » veulent venir et affluent, pourquoi ne pas opter pour le réalisme d’autres communes qui sont devenues célèbres pour des raisons assez diverses : religieuses (Lourdes et Lisieux par exemple), historiques et militaires (Arromanches, Sainte-Mère-L’Eglise …), voire relevant du mimétisme (Saint-Tropez, Deauville). Toutes ces collectivités locales ont su retourner à leur avantage une célébrité qui pouvait, de prime abord, sembler encombrante. Les retombées peuvent être positives « en satisfaisant la demande (évidente) du marché » et en s’affranchissant… de la morale. Mais, l’économie et la finance sont-elles morales ? Pas plus que les médias !
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Je (ne) plie et ne romps pas
4.10.2010 par admin.
« Je (ne) plie et ne romps pas »
(Le chêne et le Roseau de Jean de La Fontaine)
“Le commencement de la fin ?”
Ainsi, après douze années de procédure, l’attentat fiscal dont a été victime l’Association les Témoins de Jéhovah de France, entrevoit un dénouement qui, sans crier victoire de façon prématurée, devrait être heureux. Nous voici en quelque sorte « au commencement de la fin ».
Attentat ! Le mot est fort diront certains. Pourtant, selon la définition classique, un attentat est « une entreprise malveillante contre une personne, une institution ». Il s’agit d’un acte lâche qui frappe souvent des personnes innocentes. C’est le cas dans l’affaire qui nous préoccupe. L’Etat français a beau se débattre devant la Cour européenne et effectuer toutes les contorsions et grands écarts possibles aux fins de justifier sa position au regard du CGI (code général des impôts), il est rattrapé par le droit, la raison et le bon sens. Ceci est particulièrement évident au niveau de ce fameux article 757 dont le sens a été tordu, piétiné, déformé par l’administration afin de justifier l’injustifiable et taxer une association cultuelle authentique, n’en déplaise à certains politiciens en mal de notoriété.
En effet, l’article 757 ne vise que les associations d’intérêt général de la loi du 1er juillet 1901.
Les associations cultuelles de la loi du 9 décembre 1905 relèvent de l’article 795-10° du CGI qui dispose : « Sont exonérés des droits de mutation à titre gratuit, les dons et legs faits aux associations cultuelles, aux unions d’associations cultuelles et aux congrégations autorisées ». C’est clair, net et précis. Seuls des esprits animés par des mobiles peu avouables peuvent aboutir à une autre interprétation de cette législation fiscale.
Ce fut malheureusement le cas en France :
à partir de 1997 (jusqu’à cette date le Fisc avait correctement appliqué lesdits articles précités),
et à l’égard d’une association cultuelle (et d’une seule ! Aucune autre religion implantée sur le sol national n’a bénéficié de ce « traitement de faveur » (sic). « L’heureuse élue » (resic) est : l’Association des Témoins de Jéhovah de France.
A qui la faute ?
Résumons :
Des textes fiscaux dont l’application ne souffrait aucune discussion depuis des lustres sont sortis de leur contexte et interprétés de façon totalement étrangère à la volonté du législateur. S’agit-il d’une jurisprudence (discutable car illégale) naissante ? Que nenny, que nenny !
Une seule association cultuelle est dans la ligne de mire des autorités publiques. Ladite jurisprudence inaugurée en 1997 sera sans lendemain. Aucun autre culte, qu’il soit catholique, protestant, juif ou musulman (les « Quatre Grandes Eglises »)… ne sera visité par un inspecteur des impôts. Les Témoins de Jéhovah sont le 5è culte en France et ce, malgré des règles de recensement rigoureuses qui tranchent avec celles, plus souples, retenues au sein des quatre confessions précédentes.
Les fonctionnaires des services fiscaux seraient-ils devenus incompétents ? Partiaux ? Feraient-ils preuve de discrimination ? Auraient-ils perdu la tête ? Je ne le pense pas. Je fréquente suffisamment d’agents fiscaux pour reconnaître leur haut niveau de technicité. Mais alors ?
Alors ? La décision a été purement politique. Elle a été suggérée par une minorité d’individus, venant d’horizons très différents : du dissident communiste (compte tenu de l’importance du PC dans le paysage français, l’intéressé semble relever de la secte …), au marginal UMP en passant par l’isolé socialiste. Puis, l’idée lancée a été relayée par une grande partie de la classe politique qui se doit d’assumer l’entière responsabilité de son aveuglement et de son manque de réflexion.
L’union sacrée ?
En 1997, lorsque démarre cette triste affaire, la France a pour Président de la République M. Jacques Chirac et pour Premier ministre M. Lionel Jospin (un protestant qui ne peut avoir oublié les fameuses dragonnades dont ont été victimes ses coreligionnaires). C’est l’époque de la deuxième cohabitation entre la droite et la gauche. Le ministre des finances de l’époque est M. Dominique Strauss-kahn qui appartient à une minorité particulièrement martyrisée par le régime nazi. Ce ministère est ensuite occupé par M. Christian Sauter, puis par M. Laurent Fabius.
En 2002, retour de la droite qui détient depuis le pouvoir législatif et exécutif. Les gouvernements de MM Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin, François Fillion se succèdent. De nombreux ministres des finances vont occuper Bercy : MM Francis Mer, Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard, Thierry Breton, Jean-Louis Borloo, Mme Christine Lagarde, M. Eric Woerth et, tout récemment, M. François Barouin.
Tous ces responsables politiques pouvaient, à tout moment, mettre un terme à cette vaste fumisterie que constitue le redressement fiscal de l’Association des Témoins de Jéhovah. Aucun ne le fera ! Une question légitime se pose : pourquoi ? Le dossier ne pouvait être ignoré compte tenu de sa médiatisation permanente. Le consensus était donc général. La classe politique, dans sa majeure partie, sera concernée par un éventuel arrêt de condamnation de la France. Il est tout à l’honneur des élus et ministres qui auront su se démarquer de cette fièvre collective.
S’ajoutant à « l’affaire des Roms », nul doute que l’image de la France « Pays des droits de l’Homme » sera sérieusement écornée (si elle ne l’était pas déjà). A ce propos une parenthèse, de nombreuses personnes célèbres étaient d’ascendance rom : Charlie Chaplin, Pablo Picasso, Django Reinhardt, Yul Bryner… Avec ces célébrités, nous sommes loin des clichés, des préjugés et des rumeurs (« Ils volent les enfants et ils les mangent »…)°.
Et l’autorité judiciaire gardienne traditionnelle des libertés individuelles ?
L’association les Témoins de Jéhovah de France s’est tournée vers son juge naturel : le juge judiciaire chargé de dire le droit dans le respect des libertés. La lecture du droit était simple compte tenu de la clarté des textes. Le travail judiciaire se résumait à l’examen de deux articles très courts et de compréhension aisée. Quant aux libertés en cause, elles ne portaient pas moins sur la liberté d’association et la liberté religieuse. L’enjeu était de taille.
Les trois degrés de juridictions saisis débouteront l’infortunée association : tribunal de grande instance de Nanterre, Cour d’appel de Versailles et Cour de cassation. Ces juridictions sont passées à côté d’une décision qui pouvait faire date. Dommage !
J’espère simplement pour l’image de marque et l’honorabilité des magistrats judiciaires que ceux-ci n’encourront pas les mêmes reproches que ceux formulés dans l’arrêt de la Cour européenne qui m’a justifié le 22 décembre 2005, à savoir : « Qu’en exigeant du requérant qu’il prouve (…) tout en écartant systématiquement les nombreux documents produits (…) les juridictions françaises ont excédé la marge d’appréciation dont elles disposaient (…) ». Arrêt rendu à l’unanimité des sept juges. En la circonstance, la juridiction européenne a censuré la justice française en relevant son attitude partiale et contradictoire.
Et la France dans tout cela…
S’il est vrai qu’un arrêt de recevabilité n’est pas un arrêt de condamnation des pratiques attentatoires aux libertés commises par un Etat… il le prépare. Rappelons que l’arrêt du 29 septembre dernier a été rendu à l’unanimité des sept juges. C’est un signe et un coup de semonce…
A ce stade de la procédure, les parties en présence: l’Etat français et l’Association des Témoins de Jéhovah de France sont invitées à recourir aux bons offices du greffier et à se rapprocher aux fins de conclure un accord à l’amiable. A défaut d’accord, l’arrêt définitif intervient, en principe dans un délai moyen de douze mois.
Quel sera le dénouement ?
Un accord ? Celui-ci ne se conçoit que par l’annulation du redressement fiscal et le remboursement des millions d’euros déjà versés par l’Association, le tout agrémenté d’intérêts de retard. Il s’agit d’un minimum.
Et cas d’impossibilité d’aboutir à un accord ? Deux issues possibles :
Un arrêt déboutant l’Association.
Personnellement et en toute objectivité je ne vois pas un tel dénouement. Sur ce : « On n’arrête pas une idée avec des balles » (général Leclerc). Au 1er siècle, le christianisme s’est enraciné dans le monde méditerranéen sans pour autant s’appuyer sur une personne morale.
Un arrêt de condamnation de l’Etat français.
Cette perspective semble la plus plausible. Outre les sommes minimum mentionnées ci-dessus, pourraient s’ajouter : des dommages et intérêts pour le préjudice financier (le transport des publications imprimées en Grande Bretagne et tous les frais annexes).
Le préjudice moral devrait aussi être pris en compte en raison des mesures vexatoires résultant d’une hypothèque judiciaire affectant tous les biens immobiliers de l’association et des graves atteintes à l’honneur, à la respectabilité et à la dignité de l’Eglise des Témoins de Jéhovah commises par quelques « trublions » s’agitant avec, semble-t-il, la bénédiction des plus hautes autorités de la République.
Un tel arrêt (indépendamment de tout aspect financier), compte tenu de son retentissement mondial, apporterait une justification complète et permettrait « de remettre les montres à l’heure ». Son impact sur la population française et européenne, ses conséquences à l’égard d’autres minorités agressées, bafouées, marginalisées seraient considérables. Le monde associatif (tant laïque que cultuel) serait soulagé et verrait disparaître une « épée de Damoclès ». Les caisses de l’Etat étant vides, on pouvait redouter le pire…
« Toutes les choses qui ont été écrites jadis ont été écrites pour notre instruction… »
(La Bible Romains 15 : 4)
Une chose est certaine, quelle que soit la décision prise par l’Eglise des Témoins de Jéhovah, ce sera la bonne. Certains pourront regretter que quatre munitions aient été neutralisées faute d’avoir été invoquées devant les juridictions nationales. Personnellement, je fais un parallèle avec le récit de Gédéon qui, avec un effectif squelettique face à de redoutables adversaires, a remporté une brillante victoire.
Quant à nos adversaires, ils pourraient méditer sur l’exemple de Gamaliel :
« Ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les (…) car si leur entreprise et leur œuvre viennent des hommes, elles disparaîtront.
Mais si elles viennent vraiment de Dieu, vous ne pourrez pas les détruire, prenez garde de ne pas vous mettre à combattre Dieu »
(Actes 5 : 38-39 La Bible en français courant)
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